Association pour l’Histoire de l’Administration des Douanes

Les portraits du Capitaine Jacob

Mis en ligne le 1 septembre 2022

Dans l’exemplaire n°190 de « La Vie de la Douane « d’où est extrait l’article sur « Les contrebandiers de l’air » publié dans l’édition de juillet 2022, un appel était lancé au sujet d’un portrait de douanier que Gauguin aurait peint.

 

 

Avis de Recherche

Avis de Recherche publié page 54 du n°190 de La Vie de la Douane

Le Capitaine Jacob, Paul Gauguin, huile sur toile, 1888

 

Les recherches entreprises ont permis d’identifier qu’un tel portrait existe bel et bien. Cette huile sur toile, de 31 cm sur 43,5, est conservée dans une collection privée. Elle est datée de 1888. Le capitaine y est représenté de dos, sans doute en tenue de bain.

 

Paul Gauguin a résidé plusieurs fois à Pont-Aven et au Pouldu entre 1886 et 1894, où il développé un style synthétiste. Il est considéré comme le chef de file de l’École de Pont-Aven.

 

 

Au cours de nos recherches, il a été établi que le Capitaine Jacob a eu le privilège d’avoir deux autres portraits réalisés, tous les deux conservés au Musée de Pont-Aven. Nous vous les présentons ici.

 

Portait du Capitaine Jacob, Anonyme, fin XIXe, huile sur toile

 

Ce tableau d’un peintre anonyme a été exposé en 2019 au Musée national des douanes. Si la signature n’a pu être identifiée, on parvient néanmoins à déchiffrer « Souvenir d’amitié » dans les annotations.

 

 

Portrait du Capitaine Jacob

Portait du Capitaine Jacob, Célestin-André-Marie Sérenne, huile sur bois, 1891

Ce second tableau intitulé « Portrait du capitaine Jacob » a été réalisé par Célestin-André-Marie SERENNE (1846 – 1895) en 1891. C’est une huile sur bois de petit format (30 x 21,3 cm) que le Musée de Pont-Aven a acquis par donation de Madame Anne-Marie Jacob en 2010.

 

 

Il a fait l’objet d’une restauration qui est mentionnée dans le dossier de presse publié à l’occasion de la réouverture du musée après d’importants travaux de rénovation :

 

« Concernant le Portrait du Capitaine Jacob, l’œuvre a retrouvé une lisibilité importante. Il s’agit d’un portrait de veine réaliste du colonel Jacob, représenté de profil en tenue de douanier. […]. Cette œuvre est attribuée à Célestin-André-Marie Sérenne. Lors de l’étude préalable, la restauratrice a identifié sous fluorescence UV la présence d’huile de lin. La couche picturale non vernie était encrassée et comportait de nombreuses tâches et salissures. Quelques lacunes étaient visibles dans le bois, principalement en périphérie du panneau. On observait une griffure au niveau de la moustache, des tâches et des déjections d’insectes. Le traitement a consisté en un dépoussiérage au pinceau souple puis une aspiration. Suite à une série de tests de nettoyage, un mélange de solvant aqueux à base d’ammoniaque a été choisi pour dissoudre la crasse. La couche picturale a ensuite été rincée à l’eau déminéralisée pour éliminer les résidus de produits actifs, rendant tout son éclat au portrait. »

 

Mais qui est donc ce fameux Capitaine ?! Yves-Marie Jacob né le 1er juillet 1851 à Plestin les Grèves dans les Côtes d’Armor. Son père était douanier. Il suit ses pas en intégrant l’administration en 1872 en tant que préposé. Il part en Guadeloupe où il devient lieutenant, puis revient en Métropole où en 1887 il est nommé capitaine des douanes de Pont-Aven. Il est chargé d’empêcher la contrebande du sel entre Pont-Aven et Quimperlé. Il prend sa retraite en 1895, mais il reste actif localement en se faisant élire conseiller municipal puis juge de paix. Il décède en 1908.

 

Les mémoires de Joseph, son frère cadet de 17 ans, nous donnent des informations complémentaires. En félicitations pour son baccalauréat, le jeune homme est envoyé par ses parents en vacances chez son frère aîné qui lui organise une réception mémorable « chez Julia » fameuse pension où est installé le Musée de Pont-Aven depuis 1985. Fréquenté en grande partie de peintres américains et anglais depuis les années 1850, le lieu est très réputé. Outre des notables locaux, plusieurs peintres, dont Gauguin, sont présents. Joseph s’initie à la peinture au contact de ces illustres rencontres. Il décrit les fréquentes réunions de la communauté locale, dont le Capitaine Jacob est un élément majeur du fait de son emploi, mais également de son amitié sincère.

 

Nous remercions vivement le Musée de Pont-Aven pour leur contribution à cet article !

 

Renata Pstrag

 


 

 

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