Association pour l’Histoire de l’Administration des Douanes

Boucher de Perthes en Italie: les douaniers français de Livourne et ceux de Toscane (11)

Mis en ligne le 1 juin 2019

La vie des douaniers français à Livourne

 

L’ambiance est loin d’être sereine en Toscane. A Livourne, en particulier, la population n’apprécie guère les contraintes découlant du régime douanier, pas plus que les brûlements de marchandises anglaises dont l’Empereur exige l’exécution.

 

« Ce qui contribue à rendre le séjour de Livourne assez désagréable pour les Français, c’est son régime de douanes et la visite aux portes. Les négociants seuls profitent du port franc, mais la visite s’étend sur tout le monde : or, c’est une opération à laquelle on ne s’habitue guère, et l’idée de pouvoir être tâté et fouillé chaque fois qu’on passe la porte de la ville empêche bien des gens de sortir, et conséquemment de se promener, car la promenade, c’est- à-dire le grand chemin, est hors des murs. C’est une petite privation pour nous ; mais les habitants, obligés à tout instant d’aller des faubourgs à la ville ou de la ville aux faubourgs pour leurs affaires, et qui sont ainsi fouillés dix fois par jour, en éprouvent une irritation facile à concevoir ; aussi nous détestent-ils bien cordialement.

 

N’osant pas nous attaquer de front, ils nous font toute sorte de niches. En voici une toute nouvelle : samedi dernier, un individu qui, problablement, connaissait les us et coutumes des préposés, a fait saisir à la porte Colonella une caisse de vin. Les saisissants, qui déjeûnaient, s’empressèrent de faire essai de leur capture, et, d’essai en essai, ils burent tout. Or, c’était du vin émétisé. Ils eurent d’horribles tranchées, et se crurent empoisonnés. Ils n’étaient que bien purgés, et cela sans bourse délier ; mais ils furent ensuite révoqués pour la morale.

 

Une autre fois, on reçut l’avis qu’un convoi mortuaire sortant de la ville masquait une opération de fraude. On n’y voulait pas croire, et pourtant la chose était vraie. On laissa passer le cercueil, puis, avec l’attache du principal curé, on le déposa dans la sacristie, et on l’ouvrit en présence des prêtres. Il était plein de mousselines et de piqués anglais. Quant au mort, on en avait fait je ne sais quoi, peut-être du noir animal.

 

Cette affaire fait grand tapage. Le clergé qui n’était pas complice, s’est fâché et a crié : Au sacrilège ! On poursuit, et, si l’on découvre les coupables, ils pourront mal passer leur temps.

 

Une farce qu’on fait encore aux préposés, et dont j’ai été assez souvent témoin, est celle des gens qui se présentent gonflés comme des ballons par la manière dont ils drapent leurs manteaux. Dès qu’on les touche l’enflure tombe, et ils restent maigres comme des échalas

 

On s’amuse aussi à faire passer et repasser les forçats, afin que les employés soient obligés de les palper.

 

Toutes ces menées, avec une apparence frivole, ont un but grave: c’est de déconsidérer le régime douanier dit blocus continental, et d’en dégoûter les Français eux-mêmes. Quant à ce dernier point, c’est chose faite: tout le monde reconnait que cette prohibition universelle est impraticable, et je ne sais qui a pu la conseiller à l’empereur. J’ai entendu sa propre soeur en faire la critique ; cependant elle a bien peur de son frère.

 

Pour nous achever, on parle de faire ici un brûlis de marchandises anglaises, déjà ajourné deux ou trois fois sur la prière de la princesse qui craint une nouvelle émeute ; mais si l’empereur insiste, il faudra bien en venir là. M. Louis de Sussy, directeur de la Toscane et qui, comme grand inquisiteur, sera chargé de faire les honneurs du sacrifice, fait d’avance la grimace. Néanmoins, comme il a aussi peur de son père que la princesse de son frère, il faudra, un jour ou l’autre, qu’il s’exécute, et chacun ira porter son fagot. Gare à nous ! Si les bûches manquent, nous pourrions bien en servir: l’église militante des douanes n’est pas ici en paradis. »

 

La sécurité des Français n’est, dans ces conditions, pas assez garantie pour qu’on ne juge utiles quelques précautions.

 

« Nous sommes ici dans le moule aux héros, j’ai même l’honneur d’être un des mouleurs car, faute de mieux, on m’a fait instructeur et, toute la journée, j’inculque l’école du peloton à Mm. A, B, C et D, mes collègues…On n’attend qu’une bataille perdue pour nous rompre les os. Aussi, sous prétexte d’une garde urbaine et de la défense de la ville, on nous met tout doucement en mesure de nous défendre contre la ville ; et après avoir, été des douaniers modèles, nous devenons des troupiers finis ».

 

Boucher de Perthes regrette Gênes : « Nous avons toujours un tçavail fort ennuyeux, et qui ennuie plus que nous encore les bons habitants. Cette guerre aux marchandises fait dix fois plus que l’autre d’ennemis à l’empereur, et, par suite, à nous ses exécuteurs des hautes oeuvres, car nous le sommes tous sans exception de personne ni d’état. Français et douaniers sont synonymes dans les départements réunis ; civil ou militaire, préfet, général ou soldat, ordre à tous de courir sus au velours, au piqué, au tulle, au coton filé ; et le bon négo- ciant, qui nous invite à dîner, n’est pas sûr qu’au dessert nous ne lui déclarerons pas procès-verbal, parce que sa nappe est un tissu de Liverpool ou que son plaqué porte la marque de Manchester.

 

Notre bonne grande-duchesse elle-même est obligée de veiller à ce qu’aucun chiffon anglais ne s’introduise dans la toilette de ses dames d’honneur et caméristes, car, si la chose arrivait aux oreilles de son frère, il serait capable de la déposer comme coupable de haute trahison : c’est ce qu’il a manqué faire au roi Murat, qui en est encore tout tremblant, m’a dit son neveu.

 

Aussi, l’annonce de la prochaine arrivée, en Toscane, d’un inspecteur spécial des douanes, délégué de Paris, et d’un officier d’ordonnance venant du quartier-général, a-t-elle causé autant d’émoi à la cour que s’il se fût agi de la venue de l’antechrist. Agréables fonctions comme vous voyez.

 

Un mot que m’a dit M. Louis de Sussy me fait craindre qu’il ne m’en pende autant à l’oreille, et, qu’un jour ou l’autre, je ne sois aussi chargé de quelque mission de l’espèce I honneur qui me sourit peu. On se méfie des gros bonnets militaires, non ici, mais en Allemagne et ailleurs, et ce sont des auditeurs au conseil d’État ou de jeunes officiers de la maison de l’empereur ayant un nom à conserver et une carrière à faire qui seront chargés de présider à ces auto-da- fé ou, si l’on en croit la chronique, quelques hauts personnages ne dédaignent pas de tirer les marrons du feu, »

 

 

Le port de Livourne au début du XIXe siècle – musée des douanes

 

 

Les douaniers de Toscane

 

Les noms des principaux fonctionnaires de la douane française en Toscane ont été cités par ail- leurs. Essayons de mieux connaître quelques uns de ces hommes dont plusieurs ont poursuivi, après 1814, une carrière enviable.

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Commençons par les chefs.

Et, en premier lieu par l’inspecteur principal Laugier.

 

Il est l’un des quatre inspecteurs généraux qui furnt mis à la disposition de Colin, en 1802, peu après la création de la Direction générale des douanes. Le rôle de ces inspecteurs généraux, choisis hors de l’administration douanière devait consister à « inspecter les frontières, vérifier le travail des préposés des deux services de bureaux et de brigades, sous les ordres et d’après les instructions du conseiller d’Etat, directeur général des douanes ».

 

Un seul de ces personnages, Georges d’Epinai de Monteloux, ex-fermier général et ex-régisseur des douanes de 1791, possédait une certaine connaissance du service : les trois autres lui étaient «étranger» et cette particularité semble avoir rendu difficiles leurs rapports avec les services extérieurs. Au début de la Restauration, un commentateur notera : « Il est remarquable que pendant toute sa durée, qui a été de près de treize ans, aucune instruction circulaire n’a fixé les attributions (de l’inspection générale). L’arrêté qui (la) crée n’a même jamais été transmis aux directeurs ». L’institution prit de ce fait fort peu de consistance, mais la faute en incombe sans doute à Collin de Sussy. Celui-ci semble avoir considéré les inspecteurs généraux comme des missi dominici chargés d’exécuter des missions ponctuelles el non comme les membres d’un corps de contrôle. Le cas de Laugier illustre bien cette situation. On ne lui connaît que deux occupations importantes durant sa carrière d’inspecteur général : sa mission en Toscane, en 1808, auprès de Collin fils dont il fut le Mentor et, l’année suivante, son séjour dans les Provinces Illyriennes.

 

Dans les dernières semaines de 1809, il fut envoyé à Trieste pour y organiser les douanes dans les territoires de la côte dalmate placés sous domination française en vertu des dispositions du traité de Vienne (octobre 1809).

 

La présence française sur cette rive de l’Adriatique datait de 1806 ; elle s’était étendue de la Dalmatie à l’Istrie et au territoire de Raguse.

 

Sur le plan douanier, l’idée avait rapidement été écartée d’intégrer les Provinces Illyriennes au système français, sauf bien entendu à y appliquer les règles du blocus.

 

Les Provinces devaient donc être traitées comme les Etats vassaux (Royaume d’Italie, grand-duché de Berg, Royaume de Naples, etc…), c’est-à-dire libres d’appliquer leur propre politique douanière, au blocus continental près.

 

Pour mettre ce dispositif en place, Napoléon avait réclamé « un homme intelligent» ; Collin de Sussy désigna Laugier.

 

Nommé directeur central des douanes à Trieste, celui-ci allait s’installer en Illyrie pendant une dizaine de mois. Il semble qu’il ait rencontré d’assez sérieuses difficultés dans ses relations avec les fonctionnaires du Gouvernement général. Ceux-ci vou- laient administrer au mieux les Provinces et disposer à cette fin du meilleur budget possible; ils comptaient à cet effet sur la douane. Or Laugier entendait ne dépendre que de Paris et ne servir que la politique définie à Paris. Pour autant qu’on puisse en juger, ses ordres n’étaient pas de porter ses soins sur l’application du tarif douanier illyrien, mais d’endiguer le flux des marchandises anglaises. Comme il ne pouvait compter sur des effectifs considérables, Laugier opta pour l’installation d’une ligne de douane aussi courte que possible, donc sur l’abandon de vastes zones aux confins de la Hongrie et de l’Autriche. Cette attitude, qui consistait à faire la part du feu, fut vivement critiquée à Trieste et, sur la foi de rapports malveillants, Laugier fut rappelé à Paris.

 

Avant son départ, il avait cependant préparé les textes douaniers applicables dans les Provinces Illyriennes et mis en place une organisation des services. Ce sont ces textes et cette organisation qu’en définitive Napoléon décida d’entériner (1).

 

Lorsque sous la Première Restauration, les Inspecteurs généraux des douanes furent supprimés, Laugier se trouva sans emploi. Ce fut, toutefois, pour une assez brève période : en 1816, on le nomma directeur à Valenciennes, poste qu’il allait occuper pendant vingt ans. Et c’est ainsi que Boucher de Perthes, qui avait connu Laugier en Toscane alors que lui-même y exerçait les modestes fonctions de vérificateur, eut l’ex-inspecteur général pour collègue pendant une décennie. (1)

 

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De Mentor passons, si l’on peut oser cette comparaison, à Télémaque.

 

Fils aîné de J.B. Collin, Comte de Sussy, Louis Collin, Baron de Sussy, doit à son nom, autant et sans doute plus qu’à ses mérites personnels, une fort brillante carrière. Son père eut toujours le souci de mettre en relief la qualité de ses services: on aurait mauvaise grâce à le lui reprocher. Cette sollicitude paternelle s’est manifestée dès le Consulat quand Louis Collin, après avoir servi comme officier d’état-major dans l’armée d’Italie, fut entré dans les douanes. Dans un rapport adressé au ministre de la Police, Joseph Fouché, Collin père (qui à cette époque n’est pas encore de Sussy) insiste lourdement sur la part qu’a prise son fils, alors inspecteur à Anvers, dans une opération décidée par Bonaparte lui-même : il s’agissait de mener en territoire hollandais une véritable action de piraterie pour s’emparer de stocks de marchandises anglaises entreposées à proximité de la frontière en attendant leur introduction clandestine en France. « Mon fils, rapporte Colin, n’a voulu confier qu’à lui la conduite de cette affaire… Il s’est mis à la tête des détachements » et c’est grâce à ses initiatives heureuses que les villageois n’ont pas eu le temps de sonner le tocsin quand les douaniers ont surgi.

 

L’envoi en Toscane de Louis Collin, devenu entre temps directeur à Anvers, a certainement été considéré par le directeur général des douanes comme une excellente occasion de faire briller son rejeton. On a vu que l’état-major de Louis Collin avait été soigneusement composé afin que fussent réduits au minimum les risques de bévue ou, plus généralement, d’insuccès dans l’exécution d’une mission au demeurant délicate.

 

Tout alla bien et la récompense de l’habile politique familiale menée par Collin de Sussy ne se fit pas trop longtemps attendre : en 1811, à la faveur de la disparition de Joseph Dubois, le Comte de Sussy obtint de l’Empereur que son fils aîné accédât au Conseil d’administration des douanes.

 

Louis de Sussy devait traverser sans difficulté la crise de 1814-1815 et survivre aux mesures de réorganisation qui affectèrent la direction générale des douanes sous la Restauration.

 

Sa carrière d’administrateur s’acheva en 1831, avec l’arrivée de Théodore Greterin à la tête de l’administration et la réforme des services centraux qui l’accompagna.

 

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Dans l’entourage du directeur des douanes de Toscane, se trouvait un personnage dans lequel personne, sans aucun doute, ne voyait alors le successeur de Collin de Sussy. François Ferrier, parisien de naissance, était de 10 ans l’aîné de Boucher de Perthes. Il avait débuté à Dunkerque, s’y était de suite distingué ; il avait réussi en quelques années à accéder aux emplois supérieurs.

 

En 1805, alors qu’il exerçait à Bayonne les fonctions de sous-inspecteur (il avait 23 ans seulement), parut sous sa signature un ouvrage intitulé Du Gouvernement considéré dans ses rapports avec le commerce.

 

D’inspiration protectionniste, ce livre, qui réfutait les thèses des économistes de l’école d’Adam Smith, aurait intéressé Napoléon.

 

En toute hypothèse, son auteur (nommé entre-temps inspecteur à Cologne) parut à Collin de Sussy l’un de ces excellents collaborateurs dont il entendait entourer son fils lorsqu’il l’envoya en Toscane.

 

L’annexion des Etats Romains en 1810 fit de Ferrier un directeur de 33 ans et, marque particulière de confiance, le directeur à Rome.

 

Boucher de Perthes ne semble avoir entretenu alors que peu de relations avec Ferrier auquel, ce- pendant, il témoignera par la suite une grande estime.

 

La surprise dut être grande dans l’administration des douanes lorsqu’on apprit, en 1812, que Collin de Sussy, nommé ministre du commerce et des manufactures, n’aurait pour successeur ni le plus ancien des administrateurs, Chaslon, ni un directeur confirmé comme Brack, mais un jeune directeur de 35 ans.

 

François Ferrier fut directeur général des douanes jusqu’à la Première Restauration : sa gestion eut sans doute laissé de grands souvenirs si les cir- constances avaient permis qu’elle durât plus longtemps. Il est remarquable qu’après la première abdication, il accepta de bonne grâce de reprendre, à Dunkerque, un poste de directeur. Et il est non moins étonnant qu’après avoir réoccupé durant les Cent jours l’emploi de directeur général, il ait une deuxième fois repris le chemin de Dunkerque et échappé à l’épuration qui frappa alors les administrations.

 

Ferrier devait prolonger jusqu’en 1842 sa carriè- re de directeur à Dunkerque.

 

Président du Conseil général du Nord durant sept sessions, il fut nommé pair de France par Louis Philippe lors de sa mise à la retraite. Il mourut à Paris, au début de 1861, au moment même où la France abandonnait le protectionnisme pour le libre-échange.

 

Comme on l’a relaté précédemment en évoquant la figure d’E. d’Obsen, nous avons la chance de pos- séder le sommier du personnel des douanes de Toscane (agents du service des bureaux et officiers).

 

Ce sommier qui nous donne le signalement de 350 fonctionnaires pourrait servir de base à une fort intéressante étude prosopographique.

 

Il nous renseigne en tous cas sur la situation exacte de collègues auxquels Boucher de Perthes fait allusion dans sa correspondance et avec qui il s’est parfois lié d’amitié.

 

On a déjà évoqué l’un d’entre eux : Jacques de Saint-Quentin.

 

Quelques autres présentent, pour des motifs divers, un intérêt particulier.

 

Tel est le cas des frères Turc, Turc d’Aubigny et Turc d’Aubenton, le premier vérificateur à Li- vourne et le second inspecteur à Florence (avant de l’être à Rome) : l’un et l’autre appartiennent à l‘aristocratie douanière étant fils de directeur (leur père fut successivement directeur à Ruremonde, puis Clèves et enfin Strasbourg). Tous deux avaient, comme Boucher de Perthes, débuté en qualité de surnuméraires, dans le bureau de leur père.

 

Tel est le cas également de Pierre Latapie et de Anne Lavollée.

 

Aux inspecteurs généraux de l’Empire, supprimés sous la Première Restauration devaient succéder, en 1816, une nouvelle cohorte de missi dominici, fermement encadrée par Antoine Hains dont il a été précédemment question. Parmi ces inspecteurs généraux de la deuxième génération figure Pierre Auguste Latapie que Boucher de Perthes connut à Livourne. De 15 ans plus âgé que le futur Père de la Phéhistoire, il avait servi à Mayence, Cologne et Marseille avant d’être affecté à Livourne comme chef du bureau du directeur des douanes de Toscane. Il allait quitter cette province de l’Empire, en 1811, en même temps que Collin de Sussy fils et rejoindre la direction de Hambourg, en qualité d’inspecteur divisionnaire. Le célèbre siège de :Hambourg et les services qu’il allait rendre au cours de cet épisode glorieux et .malheureux de la fin de l’Empire devaient lui valoir, ainsi qu’à son directeur Pyonnier, d’être considérés comme tout à fait dignes d’occuper un emploi d’inspecteur général dont le nouveau directeur général, de Saint.- Cricq, attendait la régénération des services.

 

Lavollée, cet autre collègue de Boucher de Perthes en Toscane, avait sensiblement le même âge que celui-ci, mais il ne bénéficiait pas des mêmes protections. Venu à Livourne dans la suite de Louis Collin, il en repartit en même temps que celui-ci. Dubois-Aymé devait, lorsqu’il prit la suite du fils du directeur général, se plaindre de ce que son prédécesseur ait emporté « les principaux employés et… les archives ! ».

 

La chance d’Anne Hubert Lavollée a été, semble t-il, de rencontrer Antoine Hains en Hollande, à la fin de l’Empire, et d’avoir été considéré par ce fonctionnaire exigeant comme un collaborateur de valeur. En 1814, Lavollée entrera au bureau central ; trois ans plus tard, il sera chef du bureau du Tarif et, en 1829, chef du bureau du Service Général. Très sollicité par le Conseil d’Administration, il mourra en 1831, selon Duverger (auteur de La Douane française), épuisé par ses travaux.

 

 

(1) Cf. Clinquart. L’Administration des douanes en France sous le Consulat et l’Empire, pages 380 et suivantes.

 

 

(1) Cahiers d’histoire des douanes françaises
N° 6 – Septembre 1988 (Numéro spécial)
Bicentenaire de la naissance de Jacques Boucher de Perthes
« père de la préhistoire » et fonctionnaire des douanes 1788-1988)

 

 

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