Association pour l’Histoire de l’Administration des Douanes

Douane et cinéma : « T comme Trafic » de Christian-Jacque

Mis en ligne le 1 juillet 2023

Nous reproduisons ici un article paru dans le Journal « La Vie de la Douane » en juillet 1979. Toutes les photos sont signées « M. Comte, Chambéry ».

 

L’équipe de rédaction

 


 

 

Conçu au début de 1975, le projet d’une série télévisée consacrée à des enquêtes douanières va voir prochainement le jour. La direction générale a accueilli cette initiative avec un vif intérêt et participé en collaboration avec les auteurs à la mise au point des scénarios. Ce travail a été effectué par le bureau I.R.P. en particulier par MM. Leclerc, directeur régional, et Foulon, inspecteur principal, puis par les bureaux compétents de la direction générale et de la direction nationale des enquêtes douanières (D.N.E.D.). Notre administration a également prêté son concours pour l’organisation matérielle (mise à disposition de moyens, choix des lieux de tournages). C’est le cas notamment des interrégions de Lyon et Marseille, et des directions de Chambéry et Strasbourg.

 

 

Christian-Jaque : « une exclusivité : la douane sur le petit écran. »

 

Choisi pour tourner les six affaires de contrebande pour la télévision, Christian Jaque travaille sans répit depuis plusieurs mois. Cette série, dont le titre n’est pas définitivement arrêté tiendra le petit écran de TF1 pendant six heures probablement à la fin de l’année. La Vie de la Douane s’est rendue à la frontière près d’Annemasse où Christian Jaque tourne avec Guy Marchand et France Dougnac. Autour du plateau où alternent pluie et soleil, il y a beaucoup d’animation : acteurs et douaniers se côtoient et chacun ne sait plus très bien démêler les vrais douaniers des faux.

 

Vie de la Douane : Monsieur Christian-Jaque, vous tournez actuellement pour le compte de la télévision française une série d’épisodes relatifs à des affaires de contrebande. Dans quelles circonstances avez-vous été amené à y participer ?

 

Christian-Jaque : Ma participation à cette série est le résultat d’un long itinéraire. En effet, plusíeurs années se sont écoulées entre le moment de sa conception et celui de son tournage. A I’origine, la réalisation avait été confiée à l’un de mes jeunes confrêres, Bernard Borderie ; malheureusement celui-ci nous a quittés. J’ai donc été amené à le remplacer.

 

V.D. : Pouvez-vous en quelques mots nous présenter la série et nous dire en quoi elle est intéressante ?

 

C. J. : Cette série doit en principe s’intituler «T comme trafics» mais son titre n’a pas été définitivement arrêté. Elle consiste en 6 épisodes de 52 minutes, produits par la société française de production (S.F.P.) . Trois acteurs tiennent les rôles principaux : Guy Marchand, France Dougnac et Gérard Croce, qui jouent respectivement les rôles de I’inspecteur principal, de l’assistante et de I’inspecteur adjoind. Par ailleurs, un grand nombre d’acteurs moins connus, mais tous excellents, participent à ces épisodes.

 

Ce qui a retenu d’abord mon attention c’est la nouveauté du thème traité. En effet, c’est la première fois que des afïaires de douane sont mises en scène, tant en France qu’à l’étranger. Les américains eux-mêmes ne l’ont jamais fait. Cela, je crois, présente un intérêt particulier et d’autant plus important que ces histoires s’appuient sur des faits réełs. J’y vois également un intérêt pour le public, celui du spectacle.

 

Les épisodes que nous tournons traitent de fraudes en tous genres, capitaux, œuvres d‘art, beurre, stupéfiants, or et anéthol. Ils ne mettent pas en scène les personnages classiques du style gangster et truand des séries policières, mais des trafiquants. L’originalité des scénarios, le côté action et aventure constituent à mon avis des garanties de succès auprès des télespectateurs.

 

V.D. : La réalisation de ce type de série nécessite souvent l’uti lisation de moyans importants tant en personnel qu’en matériel ; quelles diffícultés particulières avez-vous rencontré pendant le tournage ? *

 

C. J. : Dès le début, j‘ai rencontré des difficultés techniques. Il m‘a fallu discuter avec les scénaristes et dialoguistes, Mme Misserly, MM. Jacques Manier et Jacques Robert. J‘ai dû notamment réduire la durée des épisodes ainsi que le nombre des lieux de tournage et celui des acteurs.

 

Et puis les conditions météoologiques variables entravent à leur façon la réalisation. Il nous arrive de tourner des scènes qui se succèdent par des temps totalement différents. Vous devinez que l’évo- tion brutale des conditions atmosphériques, le passage de la neige au soleil ou à la pluie par exemple posent des difficultés aux techniciens chargés du montage et des raccords. Enfin, y a des difficultés d’ordre financier. En France., nous ne bénéficions pas de moyens financiers (et donc techniques) comparables aux moyens américains. Nous devons donc avoir recours à des moyens secondaires, notamment ceux du truquage. Dans le cas de cette série, ces difficultés sont accentuées du fait qu’elle nécessite l’emploi de matériels importants et coûteux : avion, hélicoptère. Il faut donc faire avec les moyens du bord. A souligner néanmoins la coopération et la gentillesse des responsables des services douaniers qui nous prêtent constamment leur concours.

 

V.D. : En effet, sans doute a-t-il été nécessaire de vaincre de nombreuses difficultés pour lesquelles le concours de la douane était déterminant ?

 

C. J. : Oui, le rôle du service des douanes a été important depuis le début. Les responsables de la direction générale des douanes ont accepté de revoir les scénarios de façon à leur donner la crédibilité indispensable. Ensuite, nous avons été autorisés à tourner dans ses propres locaux, au centre informatique douanier à Osny, et à la Direction Nationale des Enquêtes Douanières (D.N.E.D.) à Paris. Le service des douanes a coopéré en permanence, en résolvant un nombre considérable de difficultés posées par le tournage. Par exemple, ici à Vallard-Thonex, c’est M. Faillie, le responsable de la division d’Annemasse qui s’est chargé des problèmes de tournage à l’intérieur du poste frontière (passage entre la France et la Suisse). Pour citer d’autres exemples de ce concours, le service des douanes a mis à notre disposition pour le tournage une voiture truquée (ayant servi à une affaire de contrebande) ainsi qu’une maison ayant servi de laboratoire clandestin dans l’arrière-pays de Marseille. Tout ceci nous le devons à la diligence des responsables que je remercie au passage.

 

V.D. : Cette réalisation vous a plongé dans un univers totalement inconnu auparavant. A cette occasion, vous avez côtoyé un certain nombre de douaniers. Que retenez-vous de cette expérience sur un plan personnel, et d’autre part ce tournage a-t-il modifié l’opinion que vous aviez de la douane et des douaniers ?

 

C. J. : Dans ce métier, j ai appris beaucoup de choses. Chaque film est l’occasion d’étudier un thème, de lire des ouvrages, d‘avoir des contacts enrichissants. Je dirai que cette fois encore, l’occasion m’a été donnée d’évoluer dans un milieu tout à fait nouveau. Aucun d’entre nous ne connaissait la douane et les douaniers. Aussi cela nous a passionnés de les côtoyer et de partager leur vie. Nous avons d’ailleurs demandé à certains d’entre eux de figurer dans certaines scènes et d’y jouer leur propre rôle (avec talent). Partout, nous avons rencontré des gens sympathiques. Sur un plan pus général, cette expérience a été l’occasion de découvrir le rôle et les missions du service des douanes. L’action de la douane est surtout perçue aux frontières par le commun des mortels et n’est souvent jugée par le touriste qu’à l’occasion d’un voyage. Or, les missions de la douane sont bien plus variées qu’on ne le pense généralement J’ai appris en particulier que la douane apporte à l’Etat près du quart des recettes budgétaires françaises. Enfin, la lutte centre les trafiquants en tous genres, telle qu’elle apparaît à travers notre série, permet de mieux comprendre la mission de protection de l’économie nationale et en définitive celle de protection du contribuable.

 

V.D. : La diffusion de cette série sur le petit écran est prévue pour la fin de l’année. Pensez-vous qu’elle aura un impact analogue sur les téléspectateurs français ?

 

C. J. : Moi-même, j’ai essayé d’expliquer à travers la réalisation l’action de la douane. Je me suis efforcé de montrer que le rôle de celle-ci ne consiste pas seulement à interroger les touristes au poste frontière mais surtout à lutter contre les fraudeurs en tous genres. Cette action qui s‘exprime à travers des missions variées ressortira clairement et aura à mon avis un impact réel auprès du public des téléspectateurs.

 

V.D. : Vous collaborez régulièrement avec la télévision. Pouvez- vous nous faire un bilan rapide de cette collaboration et évoquer vos projets soit de films, soit de spectacles télévisés ?

 

C. J. : La télévision a des avantages. Les équipes sont plus légères, se déplacent également plus facilement. Les acteurs sont excellents. Je crois que ma collaboration avec elle a toujours été fructueuse. Vous me demandez quels sont mes projets dans l’immédiat, je vous répondrai que j‘envisagerais volontiers qu’une suite soit donnée à la série présente. Dans cette perspective, j’oriente d’ores et déjà ma curiosité sur la recherche documentaire appropriée. Peut-être tournerai-je une histoire de contrebande dans les Départements d’Outre-Mer. Dans le domaine de la télévision, j’ai deux autres projets : le premier concerne la réalisation d’une aventure de Rouletabille et le second un télé-film racontant également une aventure, intitulée « Sur la route des Indes ».

 

Dans le domaine du cinéma, j’avais un projet important sur le point d’aboutir, celui de tourner en Union Soviétique le célèbre «Quatre vingt treize» de Victor Hugo, pour lequel les soviétiques étaient enthousiastes. Malheureusement, le retard pris dans le tournage actuel risque de reculer d’autant la préparation et en définitive de m’obliger à y renoncer. Enfin, j’ai l’intention de tourner dans un an environ, une sorte de western sous-marin qui s’intitulerait « Les aventuriers de Port-Ago » et qui se déroulerait en Indonésie.

 

V.D. : Vous continuez à déployer une activité inlassable. Croyez-vous qu’elle soit le secret de votre étonnante jeunesse ?

 

C. J. : Le travail ne me fait pas peur, en effet. II faut l’assurer du mieux possible, ne jamais être fatigué et savoir rester enthousiaste. Il n’y a pas de recette universelle pour rester jeune. Pour ce qui me concerne, c’est surtout une question de nature. J’ai toujours aimé l’aventure et j’ai souvent satisfait ce goût à travers mes films. Aujourd’hui, je demeure optimiste. Je dirai même que je ne pense qu’à l’avenir…

 

Christian-Jaque – Un grand nom du cinéma français

 

De son vrai nom Christian Maudet. né à Paris en 1904, d’abord dessinateur d’affiches et décorateur, puis assistant de Julien Duvivier, Henry Roussel, André Hugon, il réalise à partir de 1932 de nombreux courts métrages et films de longs métrages, dont plusieurs avec Fernandel : Un de la Légion, Les dégourdis de la onzième, Josette, François 1er, Ernest le rebelle, Raphaël le tatoué, etc… Ses principaux films, à partir de 1937, sont : Les pirates du rail (Ch. Vanel, E. Von Stroheim, M. Simon, 1938), Le grand élan (M. Baquet. M. Deariy), L’enfer des anges 1939, Premier bal (R. Rouleau, F. Ledoux. F. Perier, 1941), L’assassinat du Père Noël. La symphonie fantastique (J.L. Barrault, B. Blier, J. Berry, 1942). Carmen (V. Romance, J. Marais, Bertheau, 1943), Voyage sans espoir, Sortilège, 1944, Boule de suif, Un revenant, La Chartreuse de Parme (G. Philippe, M. Casarès, R. Faure, 1948) et puis … Souvenirs perdus (E. Feuillère, D. Darrieux, D. Delorme, P. Brasseur, P. Fresnay, etc…), Barbe-bleue, Fanfan la Tulipe (G. Philippe. G. Lollobrigida, 1952), Lucrèce Borgia (M. Carol), Nana, Si tous les gars du monde (J.L. Trintignant, G. Poujouly), La loi c’est la loi (Fernandel, 1957), Babette s’en va-t-en guerre (B. Bardot. J. Charrier, F. Blanche, 1959), Le « divorce », sketch de « la française et l’amour », Madame Sans Géne 1961, Le gentleman de Cocody (1964), Les amours de Lady Hamilton (1968), Docteur Justice (1975), La vie parisienne (1977).

 

 

Guy Marchand : Un inspecteur principal de « choc »

 

Guy Marchand mène parallèle ment une carrière de comédien et de chanteur. II danse également avec beaucoup de talent. S’il a récemment partagé la vedette à l’écran avec Stefania Sandrelli dans le film de J.L. Trintignant « Le Maître nageur», il vient d’achever le tournage, pour la télévision de la série « T comme trafics ». Il a accepté de confier au reporter de « La Vie de la Douane » quelques unes de ses impressions, lors du tournage effectué au bureau de Vallard-Thonex prés d’Annemasse.

 

Guy Marchand tient dans cette série le rôle d’un inspecteur principal : Mathieu, chargé de mener à bien des enquêtes relatives à de complexes affaires de fraude et de contrebande.

 

Faut-il un physique particulier pour jouer ce rôle ?

 

ll est parfois nécessaire d’avoir, comme on dit communément, le physique de l’emploi. Dans le cas de cette série, il me semble que non. Mathieu n’est pas chargé de procéder à des arrestations de criminels : ce n’est pas un policier. C’est un fonctionnaire ordinaire dont les compétences s’exercent dans les domaines très différents. La beauté ou la laideur physique du personnage importent peu. Quant à moi, j’ai déjà joué des rôles de « flics » et de truands. La difficulté se situe d’abord sur un plan professionnels.

 

Comme Christian-Jaque et son équipe, Guy Marchand ignorait tout du milieu douanier avant de participer à la réalisation de cette série. Il n’avait jamais rencontré ni connu d’agents des douanes dans l’exercice de son métier de comédien Le fait d’évoluer parmi eux a peut-être facilité son interprétation. Laissons lui la parole sur ce point.

 

« Il n’y avait pas de référence possible puisqu’il s’agit d’une première dans ce domaine. Ce rôle présentait donc un intérêt particulier pour un comédien. Pour créer et interpréter le personnage de Mathieu, j’ai dû m’informer, prendre conseil, parfois me documenter. Le reste, c’est la personnalité du comédien qui l’apporte. J’ai joué ici le rôle de Mathieu avec humilité et honnêteté. J’ai surtout cherché à te rendre moderne et dynamique, en y apportant une note d’humour et de décontraction».

 

L’humour, une notion importante pour cet acteur. Il suffit de le voir évoluer sur un plateau pour comprendre l’importance qu’il y attache. Il a le contact aisé et l’esprit enjoué. Mais il sait se concentrer et retrouver le sérieux indispensable chaque fois qu‘il est nécessaire.

 

« Etre sérieux sans se prendre tout à fait au sérieux » est la devise qui convient parfaitement au personnage qui ajoute volontiers :
« J’aime beaucoup mon métier pour lequel je suis prêt à consentir tous les sacrifices, mais je crois que l’état de vedette implique que l’on sache rester modeste et lucide ».

 

 

Côté spectacle, Mathieu alias Guy Marchand pense que cette série aura tout à fait sa place à la télévision.

 

« Elle contribuera à mieux faire connaître la douane auprès du public tout en assurant un spectacle. Comme nous, les téléspectateurs apprendront avec étonnement l’existence de trafics qui mettent en jeu des sommes d’argent considérables et qui ne concernent pas que les stupéfiants ; comme nous, ils prendront conscience de l’existence et de l’habileté d’escrocs et de faussaires en tous genres, qui, s’ils ne sont pas assimilés à des criminels, portent en définitive atteinte aux intérêts des particuliers. Enfin, ils constateront que le rôle des douaniers n’est pas exclusivement répressif même si parfois la curiosité qu’ils manifestent au poste frontière suscite notre agressivité ».

 

Guy Marchand, qui attache du prix aux rapports humains reconnaît avoir eu au cours des différents tournages, des contacts particulièrement sympathiques.

 

Lorsque les dernières prises seront achevées avec Christian-Jaque, auprès de qui il a collaboré, avec beaucoup de joie, l’inspecteur principal Mathieu changera de peau pour d’autres personnages. C’est un acteur très sollicité qui a divers divers projets en cours de réalisation, dont l’un où il sera associé à Gérard Depardieu et à Isabelle Huppert. Pour ce qui concerne la télévision, il désire y limiter ses apparitions, car :

 

« Il n’est pas bon d’être vu trop souvent surtout dans des séries où le public a vite fait de vous coller une étiquette ».

 

 

France Dougnac : Une « assistante » qui aime l’action

 

France Dougnac a déjà un talent confirmé : 6 longs métrages, 24 « télévisions ». Pour cette série, elle a retrouvé Christian Jaque, avec qui elle a tourné « Les Pétroleuses », aux côtés de Brigitte Bardot et de Claudia Cardinale.

 

« J’avais conservé un excellent souvenir de Christian-Jaque, aussi l’idée de travailler à nouveau sous sa direction m’a immédiatement séduite ».

 

Au-delà de cette satisfaction professionnelle, le rôle confié à France Dougnac lui convient parfaitement. En effet, France est passionnée par les mystères et les intrigues policières. Elle aime l’action et les films d’action. Enfin, elle possède le physique et le charme indispensables aux personnages qui font rêver…

 

« Je joue le rôle de Muriel, une « assistante » qui accompagne Mathieu, l’inspecteur principal (Guy Marchand), dans ses enquêtes. Le personnage joue un rôle important pour l’enchaînement des épisodes ; car il fait le point à chaque instant sur l’évolution des enquêtes. Le téléspectateur comprend et découvre ainsi l’intrigue à travers ses propres interrogations ».

 

Muriel aime l’aventure. Certains épisodes comportent des scènes particulièrement spectaculaires où elle participe à un enlèvement, à des bagarres, à des poursuites motorisées, à des échanges de coups de feu, etc. Dans ce but, elle s’est préparée très sérieusement et avec une grande conscience professionnelle. Elle a dû notamment prendre des leçons de karaté et répéter un grand nombre de fois les gestes à accomplir au moment du tournage. En dehors de ces intermèdes sportifs, comment France a-t-elle perçu son rôle et comment entendait-elle le jouer ?

 

« Je n’ai pas voulu typer mon personnage car les enquêtes nous transportent des bureaux sur le terrain et réciproquement. J’ai plutôt cherché à jouer un personnage actif, en gardant une note actuelle, jusque dans le choix des vêtements. De même que Mathieu ne porte pas toujours costume et cravate, de même je participe à l’action dans des tenues adaptées (par exemple, descendre d’un hélicoptère en tailleur réglementaire est une chose pratiquement impossible). En définitive, il faut rechercher le sérieux, le réalisme et, à la fois, la décontraction et le spectacle. II ne faut pas non plus oublier le but du cinéma et de la télévision qui est de distraire. Au cas particulier de cette série, il faut faire passer des choses vraies (parce que tirées d’actions vécues) tout en réalisant du spectacle. A cet égard, je crois que le rôle du metteur en scène et de son équipe est considérable. Les qualités professionnelles de Christian Jaque, sa façon de travailler m’ont beaucoup aidée personnellement ».

 

Des faits réels servant de base à l’intrigue, de l‘action, une pincée de sentiment (une scène du premier épisode révèle une certaine intimité entre l’inspecteur et son assistante), autant d’éléments qui doivent assurer la réussite de cette série télévisée. A noter que Muriel est promue inspecteur au dernier épisode, en récompense des missions accomplies. (Pardonnons aux auteurs cette entorse aux statuts.)

 

France a, pour la suite, quelques projets. Elle espère concrétiser au cinéma un projet avec les frères Jolivet dans un film de Claude Lelouch, ainsi qu’un autre avec le réalisateur yougoslave Godolovitch. Elle n’a pas de projet de télévision dans l’immédiat, où comme son complice Guy Marchand, elle souhaite espacer ses apparitions. De même au théâtre, elIe ne joue qu’occasionnellement parce que la nécessité de tenir un rôle pendant une longue période entrave la liberté d’action du comédien et le prive de réaliser certains projets.

 

Quoi qu’il en soit, pour le moment, France Dougnac n’a rien décidé. Sa personnalité, sa nature, l’incitent à ne pas trop prévoir et à rester disponible ; c’est la raison pour laquelle elle ne signe ses contrats, et donc ne s’engage qu‘au dernier moment.

 


 

La Vie de la Douane

 

n°180

 

Juillet 1979

 


 

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