Association pour l’Histoire de l’Administration des Douanes

Surveillance douanière aéromaritime : la BSAM de Lann-Bihoué

Mis en ligne le 1 juillet 2019

Les débuts de l’aérodrome de Lann-Bihoué

De 1907 à 1913, la ville de Lorient accueillait les premières manifestations aériennes, célébrant les progrès techniques permettant à l’homme de s’élever dans les airs. IL faut attendre 1933 pour que la Chambre de Commerce de Lorient et du Morbihan étudie la possibilité d’implanter un terrain d’aviation dans le département. Après les études nécessaires et l’examen des projets, un décret du 18 décembre 1937 déclare le projet d’utilité publique. Les terrains sont acquis, voire pour certains expropriés faute d’accord des propriétaires.

 

Plan initial de la base de Lann-Bihoué

Le 22 décembre 1939, la Marine, agissant pour le compte du Ministère de l’Air, acquis les terrains pour y implanter une base aéronautique navale. Les travaux débutèrent par la construction d’un grand hangar et d’un poste de garde. Malheureusement, les projets furent stoppés compte tenu des préparatifs de la guerre. Le 12 février 1940, le Département de l’aviation annonçait à la Chambre de Commerce sa renonciation à construire un aérodrome.

 

En 1941, les Allemands décident l’implantation sur le terrain d’un « Fliegerhorst Lorient », base aérienne militaire de Lorient, s’étendant sur 1200 hectares, entre Quéven, Ploemeur et Guidel. Un village fut entièrement détruit par l’occupant pour faciliter la constitution de la base (Kerlin-Bastard).

 

Sous l’Occupation, l’organisation Todt emploie des milliers d’ouvriers et construit 75 hangars, dont 54 de grande taille. Certains hangars étaient dotés de voûtes en béton armé s’appuyant sur un échafaudage tubulaire. Des bunkers venaient compléter la défense du site, ainsi que dès mars 1941,  des batteries de défense.

 

Plus d’une centaine de baraquements sont édifiés pour le logement du personnel. La Luftwaffe prend ses marques sur le site jusqu’en 1943-1944, début de sanglants raids alliés. Le 23 septembre 1943, les bombardiers américains pillonnent le site et endommagent les infrastructures tout en clouant une bonne partie de la flotte nazie au sol.

 

En août 1944, après avoir saboté les installations (il est notamment fait état de 28 tonnes d’explosifs utilisés pour dynamiter les pistes), la poche de Lorient résiste jusqu’au mois d’avril 1945.

 

A la libération, l’armée de Terre s’installe dans un premier temps pour assurer la garde des prisonniers allemands. L’armée de l’Air reprend possession du terrain le 11 mai 1945. Après la réhabilitation du site, il faut attendre 1951 pour que la base aéronavale se renforce et se reconstitue.

 

En juin 1952, la flotille 10F fut créée avec des Lancaster version anti-sous-marins. Elle fut déployée à Kerembars dans les hangars H9 et H10.

 

La douane aéromaritime s’installe à Lann-Bihoué

Dornier DO28 – BSAM Lann-Bihoué (image Marine nationale)

La surveillance aéromaritime douanière se structure à partir du début des années 1960. Après la mise à disposition par la Marine nationale d’un hélicoptère Alouette II, le service douanier s’équipe progressivement de façon autonome : des Cessna 404 Titan succèdent aux quatre avions bimoteurs Dornier Do 28. L’hélicoptère est remplacé par des Ecureuil mono puis bi-turbine.

 

En 1970, une brigade douanière fut constituée, à droite du taxiway en allant sur Kerembars. La BSAM – brigade de surveillance aéromaritime- était née, complétant le dispositif douanier de la façade Atlantique avec la BSAM située sur l’aéroport civil de Mérignac.

 

Du hangar B120 au hangar H102

 

Aérocommander – BSAM Lann-Bihoué (Image Marine nationale)

En 1971, un hangar et un bâtiment administratif sont construits pour l’exploitation du Dornier Do 28. En 1975, un Rockwell Aerocommander AC 685 vient compléter le potentiel et l’effectif douanier spécialisé porté à 12 agents.

A compter de 1980, les Cessna F404 Titan renforcent et modernisent le dispositif qui compte désormais 19 agents. En 1988, les F406 sont mis en service; l’effectif est étoffé par l’implantation d’une équipe de maintenance avec sept mécaniciens sols (personnels « non navigants techniques »). Les événements de l’hiver 1999 (pollution de l’Erika qui

 

s’abat sur les côtes de Bretagne, Loire-Atlantique et Vendée) confortent la dotation d’un avion spécialisé de détection des pollutions maritimes, le « Polmar III » de conception Reims Aviation (Cessna F406 doté de capacités d’identification nocturne).

Hangar H102 de la BSAM de Lann-Bihoué à Kerembars

En 2013, la BSAM de Lann-Bihoué comptait 4 F-406 (dont l’avion Polmar III), mais dès 2009, la douane décidait le renouvellement progressif des moyens aériens et le passage à des avions pressurisés de type Beeachcraft King-Air.

La base douanière héberge également la cellule d’instruction avions de la douane (CIAD).

Le F-406 Polmar III et le Beechcraft 350ER en vol conjoint le 30 mars 2012 (cliché H-F de Fleurian)

Arnaud PICARD
Remerciements à l’association Anciens Aérodromes et à son Président M. BAILLEUL
Photos reproduites avec leur aimable autorisation.
http://www.anciens-aerodromes.com
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