Interview de Marc HALLIER

Mis en ligne le 17 septembre 2026

AHAD : « Le Havre, un port en constante évolution » est votre 2ème film. Comment décide-t-on un jour de sauter le pas de la réalisation ?

 

Marc Hallier : J’ai toujours été attiré par l’image, j’ai pratiqué un peu la peinture, la photographie, puis filmé des événement pris sur vif.
Intéressé par les témoignages historiques, des sujets me tenaient à cœur, en analysant des films documentaires existants, j’ai eu envie de me lancer dans la réalisation cinématographique à l’exemple de mon père qui était animé des mêmes passions.

 

AHAD : Dans le film vous êtes non seulement derrière la caméra mais vous vous chargez du son, du maquillage, des dialogues, ….ce n’est pas un peu trop pour un seul homme ?

 

M.H. : Oui, c’est beaucoup, j’ai parfois eu l’impression de me transformer en homme orchestre ! Il m’était difficile de trouver une équipe technique disponible à tout moment pour le tournage. D’un autre côté, cela m’a permis, d’exercer les différentes tâches à ma convenance. Concernant les interviews, j’ai été bien épaulé par Serge LEMAÎTRE bien connu au sein de l’AHAD .

 

AHAD : Filmer dans un port comme Le Havre avec tous les problèmes sécuritaires n’a pas dû être une mince affaire ?

 

M.H. : Les problèmes sécuritaires ont en effet fait l’objet de nombreuses démarches administratives pour pouvoir filmer sur le port que ce soit auprès d’ HAROPA PORT ou du syndicat des dockers.

 

AHAD : Un grand port est faite d’un multitude de professions, il a bien fallu faire des choix !

 

M.H. : Le port est un monde complexe ou les professions s’entrecroisent. La douane occupe un maillon indispensable dans la chaîne logistique. IL m’ a semblé juste, même de façon succincte, de mettre en avant l’évolution de son action que le grand public connaît assez mal finalement.

 

AHAD : Votre film fait la part belle à la manutention portuaire. Je pense en particulier aux anciens dockers décrivant dureté de leur travail, leur argot maison si truculent…. Les interviews de dockers sont assez rares…

 

M.H. : La manutention portuaire est au cœur de l’activité du port. Il m’est paru indispensable de donner la parole aux dockers. J’ai eu la chance d’être reçu par la syndicat des dockers afin de finaliser le projet. Les anciens dockers sont témoins d’une époque où la manutention chargeait et déchargeait des marchandises conventionnelles ou en vrac où le danger d’accident était permanent. Ils assistent ensuite à l’arrivée des premiers navires porte-conteneurs. Ces derniers ont révolutionné l’activité portuaire. J’ai eu la chance de pouvoir accéder aux archives d’ HAROPA PORT et des dockers, cela m’a permis d’illustrer les interviews à l’aide d’anciens films et de photos de cette période.

 

AHAD : Dans le film une enveloppe fabriquée avec un ancien permis de douane y tient le rôle de fil conducteur finissant sa carrière au musée des douane de Bordeaux. Cette enveloppe existe t-elle vraiment ?

 

M.H. : Cette enveloppe existe vraiment et appartient à Serge LEMAÎTRE et c’est ce dernier qui m’a donné l’idée de l’intégrer dans le scénario . Quand à sa fin de carrière au Musée de Bordeaux c’est de la pure fiction mais qui sait ce que l’avenir réserve ?

 

AHAD : Ramener le film au format classique de 90 minutes oblige à quelques coupures ! Vous avez quelques regrets.

 

M.H. : Partant d’un durée de film de trois heures, j’ai dû procéder à mon grand regret à des coupures drastiques concernant sur la douane, le bateau phare, l’ancien remorqueur et l’hôtel des ingénieurs. J’espère pouvoir les utiliser un jour.

 

AHAD : Pour finir envisagez vous de vous lancer dans une nouvelle aventure cinématographique ?

 

M.H. : Pas actuellement, il faut qu’un nouveau projet ai le temps de mûrir. Ce dernier film a réclamé un délai de 3 ans entre la naissance du projet et la fin du montage.