DISCOURS DE JEAN-CHRISTOPHE DELESTREES

Mis en ligne le 23 juillet 2026

Aujourd’hui, nous célébrons donc un jalon majeur : les 50 ans de la Direction Régionale des Douanes d’Amiens sur ce site de rue ROLLIN. Cinquante ans de service public, de rigueur, et d’engagement au cœur des Hauts-de-France. Cinquante ans à incarner les valeurs qui font la force de notre administration : l’intégrité, la vigilance, et le sens du collectif.

 

Quel meilleur lieu qu’Amiens, ville carrefour de l’histoire et du commerce, pour symboliser cette mission ? Depuis le Moyen Âge, cette cité a été un pivot des échanges, entre la Nord, la Belgique et Paris, la Champagne et la Normandie, et au-delà. Aujourd’hui, c’est ici que se croisent les enjeux douaniers les plus actuels : la lutte contre les trafics, la protection de notre économie, et l’accompagnement des entreprises dans un monde globalisé.

 

Tournée vers l’avenir et l’innovation, nous devons également nous ancrer, ancrer notre direction dans son passé.

 

Cette journée fait partie d’une démarche mémorielle de notre direction, démarche initiée avant mon arrivée avec l’inauguration de la stèle commémorative des douaniers picards ayant donné leur vie pour notre pays.

 

J’ai souhaité poursuivre ce chemin, pour donner toujours plus de réalité à notre identité de la douane picarde. Originaire de cette région et y ayant grandi, c’est forcément aussi pour moi un cheminement personnel et une émotion particulière. Et puis je dois le dire aussi : beaucoup de fierté.

 

En 1968, la création de la Direction Régionale des Douanes d’Amiens s’inscrivait dans une logique de modernisation de l’administration. À l’époque, la France s’ouvrait à l’Europe, et les défis étaient déjà immenses : contrôler les flux, garantir la sécurité, et faciliter les échanges légitimes.

 

Cela a été dit : l’histoire douanière d’Amiens est bien plus ancienne. Dès le XVIIe siècle, les fermiers généraux y organisaient la perception des droits. Plus tard, au XIXe siècle, avec l’industrialisation, la région est devenue un hub pour les textiles, l’agroalimentaire, et la mécanique – des secteurs toujours stratégiques aujourd’hui. La douane a toujours été présente, pour veiller à l’équilibre entre ouverture et protection.

 

Notre direction d’aujourd’hui est forte et son action est reconnue par nos partenaires et notre administration centrale. Cinquante ans, c’est l’occasion de saluer cette continuité, mais aussi ces adaptations constantes aux mutations économiques et technologiques, particulièrement nombreuses et surtout de plus en plus rapides.

 

Prendre ce temps aujourd’hui permet de regarder dans le rétroviseur et voir le chemin parcouru ces 50 dernières années. Les témoignages photographiques et documentaires vous permettront de le constater, avec sourire parfois, avec nostalgie peut-être mais forcément toujours avec beaucoup de respect pour nos prédécesseurs.

 

Je pense aux agents qui ont débuté ici il y a 50 ans, présents au cours du 20ème siècle, et qui ont vu évoluer les méthodes : du papier au numérique, des contrôles fixes au développement des caméras tactiques et des drones.

 

Pourtant, bien des choses n’ont pas changé : nos missions de protection et d’action en matière de lutte contre la fraude.

 

Chaque directrice et chaque directeur incarne notre direction, incarne la douane sur le territoire, avec une dynamique, une personnalité et des actions qui peuvent marquer durablement de leur empreinte une identité collective.

 

Cette journée n’est pas la journée des directrices et directeurs, mais celle des femmes et des hommes, douanières et douaniers, qui l’ont construite au fil des années, que leur mémoire et leur action au service de notre administration vivent !

 

Un demi-siècle, c’est effectivement d’abord et avant tout une histoire humaine, faite du parcours professionnel de tant de douanières et de douaniers, venus en Picardie pour un temps ou pour toujours. Je tiens à avoir une pensée pour tous ces collègues qui sont aujourd’hui partis mais qui sont la sève de l’histoire de cette belle direction.

 

C’est avec beaucoup d’humilité et un profond respect que je cède la parole au témoignage des anciennes directrices et directeurs.

 

Et bien sûr, j’émets le souhait que notre avenir soit à la hauteur de notre passé, avec de l’exigence, de l’audace et des succès !